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L'émotion est la clé du bien-être en entreprise

Depuis quelques années on parle beaucoup de bien-être au travail. Les entreprises ont en effet compris que les employés sont bien plus efficaces quand ils se sentent bien à leur poste. Une récente étude de Steelcase apporte un nouvel éclairage sur cette notion de bonheur au travail en mettant l’accent sur les émotions. Pendant 2 ans, Beatriz Arantes, a étudié avec un ergonome et un designer les facteurs émotionnels qui jouent sur le bien-être au travail. Elle nous explique pourquoi l’expérience émotionnelle est la clé du sentiment de bonheur en entreprise.

Pourquoi avoir étudié le rôle des émotions dans le bien-être au travail ?

Jusqu’à maintenant les approches traditionnelles sur le bien-être des salariés en entreprises se concentraient sur l’amélioration de la productivité et pas forcément sur le bonheur en lui-même. Nous avons décidé de regarder les leviers du bien-être des individus en entreprise pour comprendre comment l’améliorer.

A quoi tient finalement le bien-être en entreprise ?

Le facteur clé pour le bien-être c’est l’expérience émotionnelle. Les émotions conditionnent en effet notre état mental et physique. Il faut donc soutenir ce bien-être mental et physique dans le temps si on veut améliorer les conditions de travail des salariés. C’est là que l’environnement de travail intervient en soutenant cet état mental plutôt qu’en le dégradant. Le cadre de travail inclut à la fois l’aménagement des bureaux mais aussi le cadre social qui régit les relations avec les collègues. Le plus important c’est que le salarié se sente en sécurité dans son environnement de travail.

 Les émotions sont donc ce qui conditionne le bien-être en entreprise ?

L’émotion est déterminante, c’est le système d’alarme de notre espèce. Quand on est confronté à une menace, on ressent la peur. Elle va déclencher une réaction de notre système nerveux pour combattre cette menace. Au niveau cognitif, tdoute notre énergie va être concentrée pour se défendre. Quand on est dans univers de travail qui fonctionne par le stress ou la pression, cela signifie que la santé des salariés va se dégrader et qu’il être de moins en moins efficaces, moins disponibles pour les autres et moins ouverts à penser différemment.

A l’inverse, quand l’environnement de travail créé un climat de sécurité et de confiance, le bien-être et la santé des salariés s’améliorent…

Effectivement, dans cette situation notre système nerveux se remet à travailler sur la réparation du corps et les fonctions de maintenance, qui sont nécessaires pour notre santé à long terme. Au niveau émotionnel on se sent mieux aussi, plus rassuré. Au niveau cognitif, cela permet d’élargir notre esprit et d’explorer de nouvelles idées, de prendre des risques d’écouter l’autre et d’être finalement en disponibilité mentale d’être plus réactif et collaboratif dans le travail. C’est pour ça que la clé du bien-être passer par l’expérience émotionnelle. C’est un levier caché car les émotions ne sont pas considérées comme quelque chose de professionnel en entreprise. Traditionnellement on doit laisser ses émotions  à la maison et cette question n’a jamais été vraiment au centre des discussions dans les entreprises. Alors qu’en créant un environnement de travail qui suscite des expériences émotionnelles positives on arrive pus directement au bien-être.

Ce lien entre le corps et l’esprit est plus évident dans les cultures orientales mais en Europe ce n’est pas évident à faire comprendre ?

C’et vrai que la culture des pays orientaux comprend depuis longtemps ce lien entre notre esprit, l’émotion, le corps et même l’environnement ou la nature. Chez eux c’est un tout holistique, alors qu’en Occident on est très cartésien et on sépare plus ces dimensions dans le lieu de travail nous ne sommes plus que des cerveaux ignorant leur corps. Ce que les Orientaux savent par expérience, les Occidentaux ont tendance à attendre une preuve scientifique pour s’en convaincre.

Ce n’est pas facile à expliquer à une entreprise ?

Non, mais les mentalités évoluent. Auparavant, les entreprises trouvaient ça u peu « space » ou même « new age » mais quand on leur détaille les sic facteurs émotionnels du bien-être, tout le monde comprend de quoi il s’agit et les changements induits dans le travail.

Le maître-mot au niveau de l’aménagement des bureaux c’est d’avoir le choix entre différents espaces ou posture de travail ?

Oui, penser qu’un même espace de travail peut répondre à toutes les situations professionnelles est une illusion et dégrade la qualité de vie au travail. On n’arrive plus à faire ce qu’on doit faire, l’environnement crée des tensions avec des collègues.

Le bien-être au travail ce n’est pas juste une question d’ergonomie des bureaux…

L’aménagement des bureaux est un des moyens d’améliorer les bien-être, mais il faut aussi changer les  comportements et notamment les manières de valoriser les salariés, de les ménager. Plutôt que de demander à ce que les salariés soient toujours occupés  avec des calendriers bien remplis, i faut savoir trouver de la valeur dans les moments de calme. Donner suffisamment de temps aux salariés pour réfléchir et se concentrer sur les projets est le moyen le plus sûr pour les aides à travailler mieux.

Le modèle idéal d’organisation de l’espace de travail est-ce-que ce n’est pas finalement celui de l’entreprise-campus ?

 

Oui, il faut sortir des modèles industriels où on surveille ce que chaque employé est en train de faire. L’entreprise-campus est une forme d’organisation des espaces de travail qui a beaucoup de sens aujourd’hui. Pour les travaux collaboratifs et créatifs, on a besoin d’espaces différents de salles projets, de lieux où on peut avoir de l’autonomie pour apprendre en permanence. Comme sur les campus effectivement où les étudiants ont le choix du lieu de travail et la manière dont ils vont employer leur temps.